Apprendre › Parcours 02 · Matériel et physique

La pression d’air et le coup

Au cours d’une longue séance d’entraînement, ta cartouche d’air peut passer de 200 bar à 100 bar. C’est la moitié de la pression derrière la valve. Tes derniers coups sortent-ils du canon aussi vite que les premiers ?

Réfléchis d’abord: Imagine un pistolet PCP sans détendeur. La cartouche passe de 200 bar à 100 bar au cours d’une séance. Le premier et le dernier coup sortent-ils à la même vitesse ?

  • Oui : la valve s’ouvre de la même façon à chaque fois
  • Non : la poussée sur le plomb dépend de la pression derrière la valve
  • Seulement si la température de la salle ne change pas

Le détendeur

Le détendeur se trouve entre la cartouche et la valve de tir. Il laisse passer l’air jusqu’à ce qu’une petite chambre atteigne sa pression de consigne, puis se ferme. Chaque coup reçoit la même charge, quelle que soit la pression de la cartouche, tant que celle-ci reste au-dessus de la pression de consigne. Sur un modèle répandu, le détendeur reste stable de 200 bar jusqu’à environ  bar.

Fais glisser le curseur pour consommer l’air.

En haut : cartouche, détendeur et chambre de tir. En bas : vitesse initiale en fonction de la pression de la cartouche, avec détendeur (trait plein) et sans (tirets). Les chiffres viennent du modèle simple de ce site. Les vrais pistolets diffèrent dans le détail.

Tant que la cartouche est au-dessus de la pression de consigne, la vitesse régulée forme une ligne plate. Dès qu’elle passe en dessous, le détendeur ne peut plus remplir la chambre. Chaque coup est un peu plus lent que le précédent, et tes coups commencent à descendre.

Vitesse et hauteur

Pourquoi un plomb plus lent arrive-t-il plus bas ? Parce que la gravité a plus de temps pour le tirer vers le bas.

Réfléchis d’abord: À 150 m/s, un plomb met environ 0,07 s pour parcourir 10 m. De combien la gravité le fait-elle descendre pendant ce temps ?

La chute varie comme 1/v² : de petits écarts de vitesse comptent. Chaque m/s d’écart entre deux coups déplace l’impact d’environ 0,3 mm. Un écart de 5 m/s entre ton coup le plus rapide et ton coup le plus lent étire le groupement d’environ 1,5 mm en hauteur. C’est presque deux dixièmes, avant même que tu aies commis la moindre erreur.

Donc, quand un groupement s’étire verticalement, l’air peut en être une cause. C’est facile à vérifier : un chronographe te montre directement ton écart maximal. La respiration, la prise en main et les variations de lumière peuvent aussi étirer les coups verticalement. Voir Lire ta cible.

Coups par remplissage

Le nombre de coups régulés dépend de la taille de la cartouche et du pistolet. Les fabricants donnent ces chiffres pour un remplissage à 200 bar :

PistoletCoups par remplissage (fabricant ou essai)
Feinwerkbau P8Xenviron 160
Walther LP500environ 150
Morini CM 162EI150

Apprends ce qu’indique ton manomètre quand tu approches de la fin. Pour un pistolet donné, la notice indique qu’il reste environ 30 coups à 100 bar. Une qualification, c’est 60 coups plus autant de coups d’essai que tu veux, et une finale en ajoute 24.

Réfléchis d’abord: Tu es en finale. Ton manomètre indique 110 bar, le détendeur est réglé à environ bar et chaque coup consomme environ bar. Que fais-tu ?

  • Rien : il reste environ 40 coups, c’est largement assez pour 24
  • Refaire le plein, ou passer à une cartouche pleine, avant la finale
  • Tirer la finale et refaire le plein si les coups commencent à descendre

Température et altitude

Un PCP régulé est bien moins sensible à la température que le CO2, mais la cartouche elle-même obéit toujours aux lois des gaz. Sa pression varie d’environ 0,34 % par °C. Cela compte au remplissage, parce qu’une cartouche chaude affiche trop haut. Cela compte bien moins pour le coup, tant que la cartouche reste au-dessus de la pression de consigne du détendeur.

L’altitude ne joue presque pas à 10 m. À 2000 m, la pression de l’air est inférieure d’environ 0,2 bar et l’air est un peu moins dense, donc la traînée est légèrement plus faible. Sur 10 m, les deux effets sont trop petits pour se voir.

Le recul

Un plomb de 0,5 g à 150 m/s porte une quantité de mouvement minuscule. À lui seul, il ferait reculer un pistolet de 1 kg à moins d’un dixième de mètre par seconde. Mais le souffle d’air à la bouche et le marteau qui frappe la valve à l’intérieur ajoutent leurs propres secousses. Les fabricants les combattent de différentes façons : un compensateur à huit évents et des évents de canon sur le Steyr Evo 10, et des amortisseurs de recul sur le FWB P8X, le Walther LP500 et le Pardini K12.

Réfléchis d’abord: Lequel de ces équipements pourrais-tu monter légalement sur un pistolet à air comprimé 10 m ?

  • Un compensateur à évents qui évacue le souffle d’air à la bouche
  • Un dispositif qui stabilise activement le pistolet pendant que tu vises
  • Les deux, tant que le pistolet respecte les limites de poids et de boîte

Aucun système ne doit réduire activement les mouvements du pistolet avant le coup. Les canons à évents et les accessoires perforés sont autorisés à 10 m.

  • Le détendeur donne une charge constante tant que la cartouche reste au-dessus de sa pression de consigne (environ bar). En dessous, les coups ralentissent et descendent.
  • La gravité fait descendre un plomb à 150 m/s d’environ 22 mm sur 10 m. Chaque m/s d’écart de vitesse déplace l’impact d’environ 0,3 mm.
  • Connais ton nombre de coups par remplissage. Commence chaque finale avec une cartouche pleine : 24 coups plus les coups d’essai.
  • La température compte surtout au remplissage. L’altitude est négligeable à 10 m.
  • Les compensateurs et les amortisseurs de recul sont autorisés. Tout ce qui stabilise le pistolet avant le coup ne l’est pas.

← Pompes, bouteilles et compresseurs · Cartouches d’air : durée de vie et sécurité →